Les caprices alimentaires
L’une des principales préoccupations des parents concernant leurs enfants est l’alimentation. Tôt ou tard, ceux-ci auront à faire face au refus et aux caprices alimentaires de leur petit. Pour plusieurs parents, il s’agit d’une problématique angoissante, car elle implique la croissance, le développement et parce qu’elle comporte également une charge émotionnelle importante. Il arrive même que certains parents remettent en question leurs compétences parentales devant l’échec de nourrir son enfant.
Il faut savoir que ces comportements font partie d’une phase normale de développement. Le stade critique se situe généralement vers l’âge de deux à trois ans. Durant cette période, l’enfant cherche à s’affirmer dans ses choix alimentaires et prend également conscience qu’il détient un certain pouvoir sur ses parents par le biais de la nourriture. C’est également durant cette période qu’il boudera certains aliments qui étaient auparavant appréciés ou encore qu’il réclamera le même aliment à tous les jours au détriment des autres. On le verra également trier les aliments dans son assiette, les examiner attentivement, les flairer ou encore les goûter qu’à contrecœur. Le trois quart des enfants de deux à dix ans refusent de se laisser séduire par un produit inconnu à leur répertoire alimentaire.
Le facteur de croissance demeure un élément à ne pas négliger, car il influence de façon très significative l’alimentation. Les besoins nutritionnels fluctuent selon les rythmes de croissance. Ainsi donc, une diminution de croissance équivaut à une diminution d’appétit et ce facteur physiologique est indépendant à la volonté de l’enfant. Si votre enfant dispose de l’énergie nécessaire pour fonctionner normalement, cela signifie donc qu’il a absorbé suffisamment de nutriments et il n’y a pas lieu de s’inquiéter.
La participation, l’ambiance et la présentation sont les mots clés pour faire face à cette problématique.
- Il est essentiel que les repas se déroulent dans une atmosphère de détente et de plaisir. Ne présentez pas d’aliment nouveau si l’atmosphère n’est pas suffisamment agréable ou si l’enfant n’est pas suffisamment disponible. Ne le punissez pas et n’ayez pas recours au chantage s’il refuse de manger. Exigez cependant qu’il reste à table et retirez tout simplement l’assiette après une vingtaine de minutes.
- Amener votre enfant à participer à la préparation des repas. Amenez-le à l’épicerie, faites-lui choisir certains aliments, profitez-en pour lui faire découvrir les couleurs, les textures, les odeurs. Demandez-lui d’exécuter certaines tâches comme de laver la table ou de mettre les couvert, donnez-lui de petites tâches culinaires, faites-lui laver les fruits et les légumes. Invitez-le à gouter les aliments pendant la préparation.
- N’oubliez pas l’importance de la présentation visuelle. Présentez des aliments simples, variés et en petites quantités. Utilisez de la vaisselle aux couleurs agréables ou qui représente leurs personnages préférés. Adaptez la présentation et nagez dans l’imaginaire.
Quand faut-il toutefois se préoccuper?
Si depuis sa naissance votre petit éprouve de la difficulté à faire des transitions vers de nouveaux goûts, textures, températures ou mode d’alimentation consultez un professionnel de la santé, car ces comportements peuvent présenter un trouble alimentaire qui n’a rien à voir avec les caprices qui arrivent subitement sans liens avec ces étapes.

Chantal Lajeunesse
Psycho-éducatrice (Intervenante familiale et psychosociale / Zoothérapie C.L.)
Psycho-educator (Intervenor family and psychosocial / Zootherapy CL)
COURRIEL/EMAIL: chantallajeunesse@hotmail.com
